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Alain Bernard

Poésie

Ici, les mots voguent comme des barques sur la rivière du temps.
Chaque poème est un miroir aux reflets d’âme,
une voix douce dans le tumulte des jours.
Que votre regard s’y attarde, que vos pensées s’y perdent et peut-être,

que votre cœur s’y reconnaisse...​

Poème d'un jour...

Quand les feux de l’automne

Quand les feux de l’automne au chevet de novembre
Laissent s’éparpiller leurs braises sur le sol
Des grands gerfauts le ciel voit s’éloigner l’envol
Vers l’horizon là-bas, où va s’effacer l’ambre.

Tout est gris maintenant, ce matin de décembre.
Les herbes dans les prés, en forme de bémol,
D’un fin collier de givre ourlent leurs cache-col,
Attendant que l’hiver ouvre son antichambre.

Un nuage s’approche, il écarte son aile ;
Il en tombe un flocon qui doucement rappelle
La plume du printemps, buissonnière du nid.

Le brin d’herbe blotti sous un duvet de neige,
Dans les bras de l’hiver, à la terre s’unit,
Sous le ciel endormi, le bémol est arpège.

秋の炎が消えゆくころ

十一月の枕辺に秋の炎が揺れ
その燃えさしを大地に散らしてゆく
大鷹の群れが空遠く飛び去るのを
琥珀色の残る彼方の空が見送る

十二月の朝、今はすべてが灰色
野原の草はフラットの形に身を曲げ
霜の細い襟飾りを首もとにまとい
冬がその前室の扉を開くのを待つ

雲が近づき、その翼を広げる
そこからひとひらの雪が舞い落ちる
巣を離れた春の羽根をそっと思わせて

雪の綿毛にくるまれた一本の草
冬の腕に抱かれ、大地とひとつになる
眠る空の下、フラットはアルペジオとなる

Alain Bernard

7 novembre 2026

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