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Alain Bernard

Poésie

Ici, les mots voguent comme des barques sur la rivière du temps.
Chaque poème est un miroir aux reflets d’âme,
une voix douce dans le tumulte des jours.
Que votre regard s’y attarde, que vos pensées s’y perdent et peut-être,

que votre cœur s’y reconnaisse...​

Poème d'un jour...

L’aurore

Lorsque la nuit se meurt au chevet de l’aurore,
Sur la terre étonnée, il est un court instant
Où l’ombre balbutie et le jour, hésitant,
Vont attendre que l’aube accorde sa mandore.

C’est qu’ils ne savaient pas, ou du moins pas encore,
Que la lyre, c’était ces herbes se penchant
Lourdes de la rosée, attendant patiemment
Qu’un rayon de soleil doucement les essore.

Les gouttes de rosée, à terre, les voilà.
À cette herbe légère ont redonné le la ;
Bientôt se retendent les cordes de la vie.

Dans la fosse d’orchestre a disparu la nuit ;
L’âme des violons, de joie inassouvie,
De l’aurore en partage entame l’usufruit.



夜が曙の枕辺で静かに息絶えようとするころ、
驚いた大地には、ほんの束の間、
影はためらうようにつぶやき、
朝の光もまた、ためらいながら待っている。
夜明けがその小さなマンドールを奏で始めるのを。

まだ誰も知らなかった。
少なくとも、その時までは。
竪琴とは、露をいっぱいにまとって身をかがめた草たち、
陽の光がやさしく露を乾かしてくれるのを、
静かに待っている、その姿だったのだ。

露のしずくは地へと落ち、
軽くなった草は、もう一度調べを取り戻す。
やがて命の弦は、一本ずつ張り直されてゆく。

オーケストラ・ピットから夜は消え去り、
満たされることのない歓びを抱くヴァイオリンの魂は、
分かち合う曙の恵みを、今、味わい始める。

Alain Bernard

30 juillet 2026

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