
Alain Bernard
Poésie
Ici, les mots voguent comme des barques sur la rivière du temps.
Chaque poème est un miroir aux reflets d’âme,
une voix douce dans le tumulte des jours.
Que votre regard s’y attarde, que vos pensées s’y perdent et peut-être,
que votre cœur s’y reconnaisse...
Poème d'un jour...
Glycine et Chèvrefeuille

C’était une glycine aux vendanges tardives,
Dès la belle saison, au printemps des jardins ;
Ses grappes en suspens avaient des mots badins
Qui transportaient l’amour au large de ses rives.
Trop tôt s’en vint le temps des heures fugitives ;
Des foins mûrs, le faucheur a couché les andains ;
Au soir de la Saint-Jean, les feux et les festins
De l’ancienne glycine ont brûlé les missives.
Quelle est cette senteur qui tourmente, ce soir,
Le vent ivre et gourmand qui voudrait bien s’asseoir
Et boire goulûment tout au fond de la haie ?
Ce parfum capiteux que la saison accueille
Fait chanter le grillon derrière la futaie :
Haleine de l’été, souffle du chèvrefeuille.
藤とスイカズラ
遅くまで花を残していた藤があった。
庭に春の美しい季節が訪れるころ、
垂れ下がる花房は楽しげな言葉をささやき、
愛を遠くへと運び、その岸辺を香らせていた。
けれども、過ぎゆく時はあまりにも早く訪れた。
熟した干し草は刈られ、畑に並べられた。
聖ヨハネの祭りの夜、かがり火と宴は、
古い藤の恋文を灰へと変えてしまった。
今宵、この香りは何だろう。
酔ったような食いしん坊の風は、
生け垣の奥に腰を下ろし、たっぷり味わいたがっている。
季節が迎えるこの甘く濃い香りは、
林の向こうでコオロギを歌わせる。
夏の吐息、スイカズラの風である。
Alain Bernard
22 juin 2026