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L'écluse
Enfance et souvenirs

Ce matin de printemps, le chemin de halage
Crisse sous le sabot fatigué du cheval
La péniche gémit, s’éloigne de l’aval
Et le sable se creuse au poids de l’attelage.
À l’écluse rejointe à la fin du foulage
Quand l’eau d’en haut ourdit ses cornes de narval
Qu’attiré par les monts se hissant vers le val,
Le ventre du bateau s’adonne au soulevage.
Lors l’eau qui tant descend, tous ses projets ajourne,
Se glisse entre la coque à ses flancs se contourne,
De ses bras arrondis écarte son auvent.
La péniche s’en va pour sûr sans autre excuse,
Puis l’écluse se ride aux caresses du vent
Et sur l’onde orpheline une feuille s’amuse…
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Alain Bernard
18 avril 2024
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