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Le ruisseau et le pic-vert*
Enfance et souvenirs

En Haute Tarentaise, au cœur d'une forêt
Un ruisseau nouveau-né pas encor dégourdi
Ayant quitté sa source, un rien abasourdi
Se faufilait prudent comme un petit furet.
Ne voulant le troubler, les sapins alentour
Du soleil matinal lui filtrait la lumière
Aussi bien qu'un grand frère, un chapelet de pierres
Le tenait par la main au travers des détours.
Sa première rencontre en ce chemin rupestre
Fut celle d'un pic-vert qui depuis le matin
Déployant ses efforts à creuser son fortin
Vint se désaltérer dans cette onde sylvestre.
Agrippé trop longtemps, ses pattes fatiguées,
Sur l'humide tapis d'une pierre moussue,
Trouvèrent un ponton, alors sans retenue
L'oiseau trempa son bec dans cette fraiche ondée.
Ces petits coups de bec pour l'eau vive ingénue
Qui n'avait point encor ressenti de tendresse
Furent à ce moment une douce caresse
Elle en eut un frisson la laissant tout émue.
Alors rassasié l'oiseau de la forêt
Voulant dire merci pour l'accueil accordé
Dans l'eau laissa glisser à sa huppe accroché
Un copeau de boulot que pour elle il gardait.
Et le jeune ruisseau tout au long de sa course
L’emporta prudemment au-delà des grands monts
Protégeant de son mieux la barquette sans nom
Humble don du pic-vert à l'âme de sa source…
❤️ 7
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Alain Bernard
9 juin 2022
J'ai écrit ce poème en souvenirs des feuilles et des brins d'herbes qu'enfants, nous faisions flotter dans les ruisseaux et que nous nous amusions à suivre le plus loin possible..